Le jeu de rôle (JDR) est apparu en 1974 aux états unis avec le célèbre Donjons & Dragons créé par Gary Gigax. Depuis, le jeu de rôle s'est développé, internationalisé et l'on recense actuellement plus de cinq cent jeux de rôle différents. C'est un loisir souvent méconnu du grand public et sa description reste souvent obscure, du fait principalement que même les plus assidus de ses pratiquants ont beaucoup de mal à en expliquer les principes à cause de leur relative complexité. On va donc essayer d'éclaircir tout ceci. Le jeu de rôle est un mélange entre le théâtre et les jeux de société. Tous les joueurs incarnent un personnage différent sauf un joueur qui prend la place de maître de jeu et dont le rôle sera de faire découvrir durant la séance de jeu le scénario de la partie aux autres joueurs.


  1. IL NE FAUT PAS CONFONDRE LES JDR AVEC
  2. LES JOUEURS
  3. LES PERSONNAGES
  4. LES PARTIES
  5. LES DIFFERENTS TYPES DE JDR
  6. LES AVANTAGES DU JDR


  • Le théâtre : Les joueurs ne sont pas costumés et n'ont pas un script pré-défini à lire. Ils sont totalement libres de faire exécuter à leur personnage toutes les actions qu'ils veulent du moment qu'ils respectent le caractère du personnage qu'ils incarnent (voir déroulement d'une partie).
  • Les jeux de société : Les jeux de rôle laissent une grande place à l'imagination et à l'improvisation. Ils possèdent des règles nettement plus complexes que les jeux de société mais beaucoup moins directives. Elles sont avant tout là pour aider à la simulation de l'action.
  • Les grandeurs nature : Variante du jeu de rôle, le grandeur nature se rapproche beaucoup plus du théâtre que le jeu de rôles. Tous les joueurs sont déguisés et évoluent le plus souvent en plein air en donnant une dimension physique aux actions de leur personnage. Les grandeurs nature s'effectuent à l'occasion de rassemblements qui durent en général un week end et demandent beaucoup plus de préparation que les jeux de rôle (une organisation sans faille est nécessaire pour que la partie soit réussie). C'est une façon totalement différente d'aborder les jeux de rôle.

En définitive, le jeu de rôle se rapproche du jeu de société par sa concrétisation (les joueurs sont tous réunis autour d'une table et lance une panoplie de dés hétéroclite) et du théâtre par son principe (le but des joueurs est d'incarner au mieux leur personnage).


Ce sont des jeunes gens entre 15 et 30 ans qui se retrouvent régulièrement pour partager une passion commune. Les livres et les films nous font vivre par l'intermédiaire des héros de nombreuses aventures qui vont de la jungle profonde avec Indiana Jones jusqu'à l'étoile de la mort avec Luke Skywalker. Ces aventures sont palpitantes mais on ne les découvre que par procuration, il serait plus intéressant d'être au coeur de l'action, d'être soit même un personnage vivant de grandes aventures. C'est ce que propose le jeu de rôle et c'est pour cela qu'il possède un succès croissant. On passe du stade passif de spectateur au stade d'acteur, et tout cela autour d'une table entre copains. Une partie peut compter entre 3 et 9 participants.

On peut aussi signaler l'existence de vétérans qui ont connu les premiers pas du jeu de rôle et qui continuent à s'y adonner. Ayant le même âge que nous actuellement en 1975, ils sont maintenant de respectables pères et mères de famille d'environ 40 ans.


Les personnages sont les héros (plus ou moins efficaces) que les joueurs vont incarner dans l'univers imaginaire choisi, ce qui signifie qu'un joueur possède un personnage par univers (un personnage pour jouer dans l'univers de James Bond, un pour jouer dans l'univers de Conan le Barbare...). Les joueurs gardent le même personnage pour effectuer toutes les aventures ayant lieu dans un même univers. Ce personnage évolue au cours du temps, acquiert de l'expérience (aussi appelée XP) et étend sa connaissance du monde dans lequel il évolue. Le lien entre le joueur et le personnage se fait de plus en plus étroit jusqu'au moment où incarner le personnage devient naturel. Le joueur crée lui même le personnage qu'il va incarner sous la houlette bienveillante du maître de jeu.

Un personnage est d'abord défini par des traits chiffrés qui varient suivant le système de simulation du jeu de rôle utilisé. Les principaux traits d'un personnage sont ses caractéristiques (force, agilité, intelligence...) et ses compétences (escalade, histoire, savoir vivre...). Le joueur privilégie alors certains aspect de son personnage : il peut créer un personnage très intelligent mais faible physiquement, ou encore un personnage moyen partout, les possibilités sont quasi infinies. Jamais deux personnages ne seront identiques.

Une fois les traits du personnage définis, on définit son caractère qui sera le plus souvent en rapport avec les traits choisis. Le personnage pourra être courageux ou au contraire couard, timide ou communicatif... Il est souvent amusant de jouer un personnage possédant un caractère totalement différent du sien. Le caractère ainsi défini donne des repères pour l'interprétation que le joueur va faire du personnage.

La dernière étape est de donner un passé au personnage, cela lui donnera plus de profondeur lors du jeu et pourra expliquer comment il a acquis telle ou telle compétence, quelles relations il possède dans la vie, s'il a déjà voyagé...


Les types de parties

Le parties de jeux de rôle sont décomposées en séances de jeu qui durent en général de 3 à 6 heures ce qui représente en gros un après midi. On distingue deux types de parties :

  • Les scénarios individuels : assez courts, il représentent une aventure du genre film (un début, un milieu et une fin). Ils peuvent se jouer en une séance, voir deux si on prend son temps.
  • Les campagnes : C'est une suite de scénarios individuels qui ont des liens entre eux et là, ça s'étale forcément sur plusieurs séances, de 3 à plus d'une quinzaine pour les très grosses campagnes. Elles se rapprochent plus des séries télé que des films. Les campagnes sont plus contraignantes car il faut jouer avec les mêmes joueurs du début à la fin ce qui pose fréquemment des problèmes d'organisation suivant les disponibilités de chacun...

Le rôle du maître de jeu.

C'est le rôle le plus important. Le maître de jeu et le seul à connaître le scénario de la partie et son rôle est de le faire jouer aux joueurs. C'est un rôle qui se rapproche beaucoup du metteur en scène ou encore du barde de l'ancien temps qui racontait des histoires pour faire rêver les gens.

Le maître de jeu (MJ) possède le jeu de rôle qu'il maîtrise. Il est inutile et même totalement superflu (et cher en plus...) que les joueurs possèdent eux aussi le livre des règles. En effet, seul le maître de jeu est tenu de connaître en détail l'univers imaginaire dans lequel les personnages vont évoluer et les règles qui le régissent. Les joueurs au bout de quelques parties auront de toute façon assimilés les principales règles.

Avant de maîtriser une partie, le maître de jeu doit faire un minimum de préparation (le strict minimum étant d'avoir lu au moins une fois le scénario...). Quand tous les joueurs ont un personnage, la partie peut commencer. La création de personnage ne se fait pas obligatoirement en début de séance, ils peuvent être créés préalablement ce qui permet de commencer à jouer dès le début. De plus, les personnages resservent d'une partie sur l'autre ce qui évitent de créer des nouveaux personnages à chaque partie.

La partie en elle même

Durant la partie, le maître de jeu décrit les décors, donne vie à tous les personnages non joueurs (PNJ : ce sont les personnages qui interviennent et qui ne sont pas incarnés par un joueur comme par exemple les ennemies des joueurs ou leurs contacts) et fait évoluer le scénario suivant les actions des personnages joueurs (PJ). Cela n'est assurément pas facile car les PJ auront toujours des idées que le scénario ne prévoit pas, sûrement parce que l'imagination humaine n'a pas de limite... Dans ces cas là, c'est au MJ d'improviser et de gérer la scène en essayant de guider subtilement les PJ sur le chemin voulu.

Au niveau des actions entreprises par les PJ, leur réussite est simulée à l'aide des règles de jeu. En règle générale, un jet de dé suffit : quand un PJ veut effectuer une action, le maître de jeu lui dit de faire un jet de dé. Si le jet est réussi, l'action est un succès tandis qu'un jet raté signifie un échec. Plus l'action est facile et plus le joueur aura des chances de réussir l'action. De même on tient compte des caractéristiques et talents du personnage. Un personnage avec une force élevée aura plus de facilité pour soulever un coffre qu'un personnage avec une force faible.

La réussite d'une partie dépend beaucoup du maître de jeu mais aussi pour une grande part des joueurs. L'action doit être fluide et vivante, les joueurs n'auront alors aucun mal à se plonger dans l'aventure...


Il y a trois grands types de jeu de rôle :

  • Les JDR médievaux-fantastiques : Ils ont cadre des univers moyenageux où les monstres et les animaux légendaires, de même que la magie font partie de la vie courante. On peut citer entre autres "Les terres du milieu" adaptées de l'oeuvre de JRR Tolkien et "Conan" dans le monde de Conan le Barbare, célèbre héros de R.E.Howard incarné à l'écran par Arnold Schwarzennegger.
  • Les JDR contemporains : Ils ont pour cadre le monde actuel mais la magie et les phénomènes paranormaux sont très présents. Le plus connu est "L'appel de Chtulhu" tiré des (très bons) livres de H.P Lovecraft.
  • Les JDR futuristes : Qu'ils se passent dans un avenir proche ou lointain, l'univers a évolué et la technologie s'est grandement développée. Ces jeux ont tous leur propre univers mais s'inspirent librement des grands classiques de la science fiction, que ce soit en littérature ou en film. "Star Wars" est un classique des JDR futuristes tiré de la trilogie de Georges Lucas.


  • Il ne demande que peu de matériel : du papier, des crayons et des dés et une salle avec une table et des chaises. Bien que ce ne soit pas indispensable, à manger et à boire sont très appréciés des joueurs chevronnés.
  • C'est une activité créative au même titre que l'écriture, la musique ou le théâtre.
  • Cela améliore l'expression orale : Durant une partie, les argumentaires sont fréquents et les occasions de s'exprimer légion. Cela permet de s'extérioriser pour des personnes au naturel timide et de vaincre petit à petit leur handicap.
  • Le JDR encourage à la lecture. Un sondage a prouvé que les rôlistes (comprendre joueur de jeu de rôle) lisaient beaucoup plus que la moyenne.